Qui est Georges KIEJMAN ?
Date de naissance : 12 août 1932 (Paris, France).
Date du décès : 9 mai 2023 (Paris, France) à 90 ans.
Activité principale : avocat, homme politique.
Où est la tombe de Georges KIEJMAN ?
La tombe de Georges KIEJMAN est située dans la division 30.
La tombe de Georges KIEJMAN au Cimetière du Montparnasse

Tombe de Georges Kiejman au cimetière du Montparnasse (division 30).
Gaylussac8937, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Georges Kiejman repose au Cimetière du Montparnasse, dans la 30ème division. Cette division se situe dans le « Petit Cimetière » (à l’est de la rue Émile Richard), un secteur particulièrement paisible et arboré.
Il se trouve dans une division qui abrite de grandes figures de la pensée et des arts, en parfaite cohérence avec son parcours de vie.
Biographie de Georges KIEJMAN
Avocat légendaire, ministre de la République et homme de culture, Georges Kiejman a incarné pendant plus de soixante ans une certaine idée du barreau français : celle où l’éloquence se conjugue avec l’exigence intellectuelle et un panache indéniable. Surnommé « Kiejman le Magnifique », il a traversé les plus grands procès du siècle avec la précision d’un orfèvre.
L’enfant de Belleville : Une ascension par le mérite
Tout commence à Paris, le 12 août 1932. Né de parents juifs immigrés de Pologne, Georges Kiejman connaît une enfance marquée par la tragédie et la pauvreté. Son père est déporté et meurt à Auschwitz ; sa mère l’élève seule dans le quartier populaire de Belleville en travaillant comme femme de ménage. Ce destin d’« enfant de la République » fera de lui un homme épris de justice, viscéralement attaché aux institutions françaises. Après avoir brièvement envisagé le théâtre, c’est finalement à la barre qu’il choisira de mettre en scène sa parole.

Georges Kiejman is a french lawyer
Lepasriche cropped by MRCLD, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Le « Prince du Barreau » : Une carrière de légende
Inscrit au barreau de Paris dès 1953, il devient l’un des avocats les plus brillants de sa génération. Il travaille d’abord aux côtés de Pierre Mendès France, qui sera son mentor politique. Sa carrière est une suite de dossiers historiques :
- Défenseur des causes fortes : Il défend Pierre Goldman (procès emblématique des années 70) et la famille de Malik Oussekine en 1986.
- Avocat des arts et des lettres : Très proche du milieu du cinéma et de l’édition, il conseille Roman Polanski, les éditions Gallimard, ou encore la famille de Marie Trintignant lors du procès de Vilnius.
Son style, fait d’une ironie mordante, d’une syntaxe parfaite et d’une capacité rare à déstabiliser l’adversaire par la culture, lui vaut le respect de ses pairs et des magistrats.
L’homme d’État : Au service de la République
Ami intime de François Mitterrand, dont il partageait le goût pour la littérature et le secret, Georges Kiejman entre au gouvernement en 1990 sous la présidence de Michel Rocard. Il occupera plusieurs postes ministériels stratégiques :
- Ministre délégué à la Justice (1990-1991), où il travaille sur la réforme du code pénal.
- Ministre délégué à la Communication (1991-1992).
- Ministre délégué aux Affaires étrangères (1992-1993).
Jusqu’à la fin de sa vie, il est resté une voix morale et politique écoutée, un hussard de la démocratie sociale et un défenseur infatigable du droit de la défense.
Un destin parisien : Culture et passion
Georges Kiejman était aussi un homme de la « vie parisienne » au sens le plus noble. Marié successivement à l’actrice Marie-France Pisier puis à la journaliste Laure de Broglie, il vivait entouré de livres. Grand collectionneur et esprit curieux, il aimait le débat d’idées autant que la compagnie des artistes.
Il s’éteint le 9 mai 2023 à Paris, à l’âge de 90 ans. Sa disparition marque la fin d’une époque, celle d’un barreau où la culture générale était la première arme de l’avocat.