Qui est Jacques DUQUESNE ?
Date de naissance : 18 mars 1930 (Dunkerque, France).
Date du décès : 5 juillet 2023 (Paris, France) à 93 ans.
Activité principale : journaliste, écrivain.
Où est la tombe de Jacques DUQUESNE ?
La tombe de Jacques DUQUESNE est située dans la division 3.
La tombe de Jacques DUQUESNE au Cimetière du Montparnasse

Tombe de Jacques Duquesne au cimetière du Montparnasse.
ManoSolo13241324, CC0, via Wikimedia Commons
Biographie de Jacques DUQUESNE
Né à Dunkerque le 18 mars 1930, Jacques Duquesne appartient à cette génération dont l’enfance et l’adolescence furent marquées par la guerre, les bouleversements du pays et la reconstruction morale de l’après-guerre. Ce contexte compte dans son parcours : il y puise très tôt un sens aigu de l’histoire, du débat public et de la responsabilité intellectuelle. Après ses études, il s’oriente vers le journalisme, métier dans lequel il va déployer pendant des décennies une exceptionnelle capacité à rendre accessibles les grandes questions politiques, sociales et religieuses. Journaliste de presse écrite, homme d’enquête et de réflexion, il se distingue rapidement par une écriture lisible, ferme et engagée, sans jamais céder au jargon ni à l’effet facile.

Jacques Duquesne en dédicace au salon du livre du Festival international de géographie
Photographe de la Ville de Saint-Dié-des-Vosges, dans le cadre de sa mission ; scan par Ji-Elle, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Sa carrière se construit dans un paysage médiatique français en pleine transformation. Jacques Duquesne travaille pour plusieurs titres importants et s’impose peu à peu comme une figure reconnue du journalisme d’information et d’analyse. Il participe notamment à l’aventure du magazine Le Point, dont il est l’un des cofondateurs, moment décisif dans l’histoire de la presse française des années 1970. Cette création témoigne de sa volonté d’inventer une presse exigeante, capable de conjuguer rigueur, indépendance et clarté. Il ne se contente pas d’accompagner l’actualité : il cherche à la mettre en perspective, à la replacer dans le temps long, à en dégager les enjeux profonds pour le lecteur. Cette manière de travailler, très personnelle, repose sur une conviction simple : le journalisme ne vaut que s’il éclaire.
Au fil des années, Jacques Duquesne acquiert une place singulière dans le débat public. Il observe la société française avec attention, suit ses fractures, ses mutations et ses espérances, et fait preuve d’une curiosité qui déborde largement le commentaire politique au sens strict. Les questions de société, la mémoire historique, les engagements collectifs, les débats religieux et les évolutions du catholicisme occupent une part essentielle de son travail. Il intervient sur ces sujets avec une rare liberté de ton, nourrie à la fois par la culture historique, l’expérience de terrain et le souci du lecteur non spécialiste. Son nom devient ainsi familier à plusieurs générations de lecteurs qui trouvent dans ses articles et ses livres une parole informée, accessible et volontairement dépourvue de pompe.
Parallèlement à son activité de journaliste, Jacques Duquesne mène une œuvre d’écrivain abondante. Il publie de nombreux livres, dans lesquels il prolonge ses grands centres d’intérêt. L’histoire tient une place importante dans cette production, notamment à travers des travaux consacrés à la Seconde Guerre mondiale, à la mémoire nationale ou à des figures marquantes du XXe siècle. Mais c’est aussi vers l’histoire religieuse et la figure de Jésus qu’il se tourne avec un retentissement particulier. Son livre Jésus, largement lu, illustre bien sa démarche : proposer à un très large public une synthèse solide, nourrie de recherches, mais écrite avec une simplicité qui n’appauvrit pas le sujet. Jacques Duquesne y manifeste ce qui fait le prix de son œuvre : le goût des questions essentielles, l’attention aux sources et le refus de réserver les grands débats aux seuls spécialistes.
Cette liberté intellectuelle le conduit à occuper une position originale dans le paysage français. Catholique de culture et de réflexion, il n’a jamais fait de son intérêt pour le christianisme un espace de conformisme. Au contraire, il aborde les sujets religieux avec une indépendance qui lui vaut d’être lu bien au-delà des cercles confessionnels. Il interroge les institutions, les récits, les héritages et les crises avec le même souci de vérité que dans son travail journalistique. Cette attitude, parfois discutée, a contribué à faire de lui une voix importante dans les conversations françaises sur la foi, l’Église et la place du religieux dans la société contemporaine. Son mérite est d’avoir su maintenir un équilibre rare entre conviction personnelle, intelligence critique et volonté de transmission.
Ce qui frappe, dans l’ensemble de son parcours, c’est la cohérence d’une vie consacrée à comprendre et à faire comprendre. Jacques Duquesne ne s’est pas enfermé dans une spécialité étroite : il a traversé les décennies en reliant l’actualité immédiate à l’épaisseur de l’histoire, les événements aux idées, les choix individuels aux structures collectives. Il appartient à ces journalistes-écrivains pour lesquels l’écriture n’est pas seulement un outil d’information, mais un moyen de rendre le monde plus intelligible. Son style, direct sans être sec, cultivé sans ostentation, a largement contribué à cette influence durable. Dans une époque souvent tentée par l’accélération et la simplification, il a défendu une autre exigence : celle du temps long, de l’enquête patiente et de la nuance.
Jacques Duquesne meurt à Paris le 5 juillet 2023, à l’âge de 93 ans. Sa disparition a marqué la fin d’un long compagnonnage avec la presse, le livre et le débat d’idées en France. Il laisse l’image d’un homme de mots au sens le plus noble du terme : un journaliste soucieux de vérité, un auteur attentif à la complexité des sujets qu’il abordait, un passeur capable de mettre à la portée de tous des questions souvent réputées difficiles. À travers ses articles comme à travers ses ouvrages, il a accompagné la vie intellectuelle française pendant plus d’un demi-siècle. Son œuvre conserve aujourd’hui encore cette qualité précieuse : elle invite à lire, à réfléchir et à ne jamais dissocier l’information de la compréhension.