Qui est Georges AURIC ?
Date de naissance : 15 février 1899 (Lodève, France).
Date du décès : 23 juillet 1983 (Paris, France) à 84 ans.
Activité principale : compositeur.
Où est la tombe de Georges AURIC ?
La tombe de Georges AURIC est située dans la division 2.
La tombe de Georges AURIC au Cimetière du Montparnasse

Grave of the composer Georges Auric.
User:Smerus, Public domain, via Wikimedia Commons
Tombe d’un compositeur majeur, recherchée par les amateurs de musique française du XXe siècle.
Pour les passionnés de musique, visiter la tombe d’Auric, c’est saluer l’esprit du « Groupe des Six » (avec Poulenc, Milhaud, Honegger, Durey et Tailleferre). C’est le symbole d’une époque où la musique française cherchait une nouvelle simplicité face au wagnérisme et à l’impressionnisme.
Il est intéressant de noter que Nora, son épouse, était une figure centrale de leur cercle social, et leur tombe commune témoigne de leur lien fusionnel.
Biographie de Georges AURIC
Né le 15 février 1899 à Lodève, dans l’Hérault, Georges Auric apparaît très tôt comme un enfant prodige de la musique. Son talent se manifeste avec une précocité remarquable : il compose dès l’enfance et entre dans les milieux musicaux parisiens alors qu’il est encore très jeune. Formé au Conservatoire de Paris puis à la Schola Cantorum, il grandit dans un moment de bouillonnement artistique où s’affrontent les héritages du romantisme, les innovations de Debussy, les audaces du modernisme et les recherches d’une nouvelle simplicité française. Cette double formation, à la fois rigoureuse et ouverte sur les débats esthétiques de son temps, contribue à façonner une personnalité musicale très tôt indépendante, sensible à la clarté, au rythme, à l’esprit et à l’efficacité expressive.
Dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale, Georges Auric s’impose comme l’un des jeunes compositeurs les plus remarqués de sa génération. Son nom reste indissociable du Groupe des Six, formé autour de Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre. Réunis moins par une doctrine que par une proximité d’époque et un certain refus des lourdeurs du wagnérisme comme du flou impressionniste, ces musiciens incarnent un désir de fraîcheur, de concision et de liberté. Auric y tient une place singulière. Son écriture, nerveuse, incisive, volontiers ironique, correspond parfaitement à l’esprit de l’après-guerre. Proche de Jean Cocteau, qui joue un rôle important dans la mise en avant de cette génération, il participe à un mouvement artistique qui entend rapprocher la musique de la vie contemporaine, du théâtre, du cirque, du music-hall, du cinéma et des arts visuels.
Cette ouverture vers d’autres formes d’expression est l’un des fils conducteurs de sa carrière. Georges Auric ne se limite pas au concert : il écrit pour la scène, pour le ballet, pour le théâtre et, très tôt, pour l’image. Dans l’entre-deux-guerres, il collabore avec plusieurs figures marquantes de la création artistique, dans un climat où les frontières entre disciplines sont particulièrement poreuses. Son sens de la couleur, de la caractérisation rapide et de la construction dramatique fait de lui un compositeur particulièrement recherché. À une époque où beaucoup réfléchissent encore à la place de la musique dans le monde moderne, Auric choisit sans hésiter d’aller vers les formes vivantes, collectives et populaires, sans renoncer pour autant à l’exigence de l’écriture. Cette capacité à circuler entre les genres contribue à sa notoriété et explique la diversité de son œuvre.
C’est cependant dans la musique de film qu’il laisse une empreinte particulièrement durable. À partir des années 1930 et surtout après la Seconde Guerre mondiale, il devient l’un des grands compositeurs de cinéma français et européen. Il signe des partitions pour des réalisateurs majeurs et montre un art très sûr de l’accompagnement dramatique. Sa musique ne cherche pas à écraser les images, mais à les prolonger, à leur donner une densité émotionnelle, une tension ou une élégance supplémentaire. Parmi ses collaborations les plus célèbres figurent celles avec Jean Cocteau, notamment pour La Belle et la Bête, Orphée et Le Testament d’Orphée, mais aussi avec d’autres cinéastes importants, français ou étrangers. Auric sait adapter son langage aux univers les plus différents : poésie, fantastique, drame psychologique, comédie ou film historique. Son nom est également associé à Moulin Rouge de John Huston et à Roman Holiday, preuve de sa capacité à rayonner bien au-delà du cadre strictement national.
Ce succès dans le cinéma aurait pu faire oublier le compositeur de concert, mais il révèle en réalité une dimension essentielle de son talent : le sens du trait juste, de la forme condensée, de l’atmosphère immédiatement saisissable. Dans un siècle où la hiérarchie entre musique “pure” et musique appliquée est souvent discutée, Georges Auric incarne une voie souple et moderne, où la qualité d’écriture peut s’épanouir aussi bien dans la salle de concert que dans la salle obscure. Son parcours montre qu’il est possible d’être à la fois un musicien issu de l’avant-garde parisienne des années 1920 et un créateur populaire, familier d’un large public. Cette position n’a pas toujours été pleinement reconnue par la critique la plus académique, parfois méfiante envers les compositeurs qui travaillent pour le cinéma, mais elle est aujourd’hui l’un des aspects les plus intéressants de son héritage.
À son activité de compositeur s’ajoutent d’importantes responsabilités institutionnelles. Georges Auric ne fut pas seulement un créateur ; il joua aussi un rôle dans la vie musicale française de l’après-guerre. Il fut notamment administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux, puis président de la SACEM. Ces fonctions témoignent de la considération dont il jouissait dans le monde artistique. Elles montrent aussi son implication dans la défense des auteurs et dans le fonctionnement concret des grandes institutions culturelles. À travers elles, Auric participe à l’organisation de la vie musicale autant qu’à sa création, ce qui lui donne une place particulière parmi les compositeurs de son temps.
Sa longue carrière traverse ainsi presque tout le XXe siècle. Né à la fin du XIXe siècle, formé dans le Paris des avant-gardes, actif dans le théâtre, le ballet et surtout le cinéma, il accompagne plusieurs mutations profondes de la musique et du spectacle. Il demeure fidèle à certaines qualités premières — l’élégance, la vivacité, la précision, le refus de l’emphase — tout en adaptant son écriture aux nouvelles formes narratives et aux nouveaux publics. Cette continuité dans la diversité explique sans doute la solidité de son parcours. Auric n’a jamais été un musicien enfermé dans une école ou dans une seule définition de son art ; il a préféré la circulation, la collaboration et l’utilité dramatique, au service d’œuvres destinées à être vues, entendues et ressenties.
Georges Auric meurt à Paris le 23 juillet 1983, à l’âge de 84 ans. Il laisse l’image d’un compositeur profondément inscrit dans la vie artistique de son siècle, à la croisée de la modernité musicale française, du monde du spectacle et de l’histoire du cinéma. Son nom reste attaché au Groupe des Six, mais aussi à une conception très libre du métier de compositeur, capable de passer d’un univers à l’autre sans perdre son identité. Par son œuvre et par ses engagements, il a contribué à faire reconnaître la musique comme une force active dans tous les arts de la scène et de l’image, et à inscrire durablement son style dans la mémoire culturelle française.