Qui est Henri LAURENS ?
Date de naissance : 18 février 1885 (Paris, France).
Date du décès : 5 mai 1954 (Paris, France) à 69 ans.
Activité principale : Sculpteur.
Où est la tombe de Henri LAURENS ?
La tombe de Henri LAURENS est située dans la division 7.
La tombe de Henri LAURENS au Cimetière du Montparnasse
La présence d’Henri Laurens à Montparnasse rappelle aussi son travail de sculpteur pour l’art funéraire. Son nom reste associé à un tombeau remarquable du cimetière.
Biographie de Henri LAURENS
Né à Paris le 18 février 1885, Henri Laurens grandit dans une capitale en pleine effervescence artistique, où les ateliers, les salons et les avant-gardes renouvellent sans cesse la manière de voir et de représenter le monde. Très tôt attiré par le travail de la forme, il s’oriente vers la sculpture, un art qui exige à la fois la patience du geste et l’intelligence des volumes. Chez lui, l’apprentissage n’est pas seulement une accumulation de techniques : c’est la recherche d’un langage. Laurens appartient à cette génération pour laquelle la tradition n’est pas un point d’arrivée, mais un point de départ, et qui refuse de se satisfaire de la simple imitation du réel.
Au tournant du XXe siècle, la sculpture se trouve à un carrefour. Les grands modèles du XIXe siècle pèsent encore, mais les recherches issues de la peinture — simplification des formes, nouvelles perspectives, fragmentation, goût de l’essentiel — ouvrent des voies inattendues. Laurens s’inscrit dans ce mouvement de transformation, en faisant du volume un terrain d’expérimentation. Là où la sculpture pouvait se contenter d’une représentation fidèle, il s’attache à une construction plus synthétique : les masses s’équilibrent, les plans s’articulent, les courbes deviennent structure. Cette manière d’organiser l’espace, plus que de le copier, donne à ses œuvres une présence particulière, à la fois solide et vibrante.
Son parcours s’affirme dans le contexte des avant-gardes parisiennes, qui font de la capitale un laboratoire artistique. Laurens y développe une sensibilité qui le conduit vers une sculpture moins descriptive et plus architecturée, attentive aux tensions internes de la forme. Il ne s’agit pas pour lui d’abandonner le sujet, mais de le condenser : une figure, un corps, un visage peuvent devenir le prétexte à un jeu de volumes et d’équilibres, où l’émotion naît de la justesse des rapports. Cette recherche d’un ordre nouveau ne gomme pas la sensibilité ; elle la déplace. Laurens comprend que l’expressivité peut surgir d’une épaule réduite à une ligne de force, d’un torse traité comme une courbe pleine, d’un visage suggéré par quelques plans essentiels.
Au fil des années, il affirme une écriture où la rondeur, la plénitude et la clarté des masses prennent une importance croissante. Sans céder au décoratif, il cultive une sorte de lyrisme du volume : ses formes semblent souvent porter en elles une respiration, une ampleur, une densité presque méditerranéenne, tout en restant ancrées dans la modernité de leur construction. Le travail de la sculpture, chez Laurens, se lit autant dans le résultat que dans l’idée de fabrication : on y sent l’attention portée à l’équilibre d’ensemble, à la manière dont une œuvre se tient, occupe l’espace, appelle le regard à tourner autour d’elle. Cette dimension, essentielle à la sculpture, devient chez lui un véritable principe poétique.
Henri Laurens traverse ainsi la première moitié du XXe siècle en poursuivant une ambition constante : faire parler la matière avec des moyens toujours plus justes, toujours plus concentrés. Dans une époque marquée par les ruptures esthétiques et les bouleversements historiques, il incarne une modernité qui ne cherche pas l’effet pour l’effet, mais une cohérence profonde entre la forme et ce qu’elle suggère. Son art s’inscrit dans un moment où la sculpture se redéfinit, où elle doit dialoguer avec les innovations de ses contemporains et affirmer sa singularité. Laurens, par sa capacité à organiser la masse et à donner à la courbe une valeur structurelle, participe à ce renouvellement de manière décisive.
Il meurt à Paris le 5 mai 1954, à l’âge de 69 ans, dans la ville qui l’a vu naître et où il a développé l’essentiel de sa trajectoire. Avec lui s’éteint l’un des sculpteurs qui ont contribué à installer durablement la sculpture moderne dans le paysage artistique français. Son œuvre, attachée à la rigueur autant qu’à la sensualité des formes, témoigne de cette idée simple et exigeante : la modernité ne se réduit pas à rompre, elle consiste à trouver une nouvelle nécessité. Laurens laisse l’image d’un créateur pour qui la sculpture, loin d’être un art immobile, est un mouvement continu de construction, d’équilibre et d’invention.