Qui est Michel DÉON ?
Date de naissance : 4 août 1919 (Paris, France).
Date du décès : 28 décembre 2016 (Galway, Irlande) à 97 ans.
Activité principale : écrivain, dramaturge.
Où est la tombe de Michel DÉON ?
La tombe de Michel DÉON est située dans la division 8.
La tombe de Michel DÉON au Cimetière du Montparnasse

Tombe de Michel Déon au cimetière du Montparnasse.
ManoSolo13241324, CC0, via Wikimedia Commons
Le retour de Michel Déon à Paris ne s’est pas fait sans heurts. À son décès, la mairie de Paris refuse initialement son inhumation au Montparnasse, au motif qu’il ne résidait plus dans la capitale. Ce refus provoque un tollé dans le monde des lettres et de la politique. Finalement, grâce à l’intervention de l’Académie française et d’une pétition d’écrivains, sa sépulture est autorisée.
Inhumé en 2018 (soit plus d’un an après son décès), Michel Déon a enfin trouvé sa place définitive à Paris. Sa présence dans la 8ème division, non loin d’autres figures de l’esprit, clôt le trajet de celui qui disait : « On ne voyage pas pour chercher, on voyage pour fuir. »
Biographie de Michel DÉON
Dernier représentant d’une certaine élégance littéraire française, Michel Déon a traversé le XXe siècle avec une plume acérée et un goût immodéré pour les grands espaces et l’indépendance. Romancier de la nostalgie et du voyage, il reste l’une des figures de proue du mouvement des « Hussards ».
Les années de formation : Entre Paris et Monaco
Tout commence à Paris, le 4 août 1919. Fils du conseiller du prince de Monaco, Michel Déon grandit dans un milieu privilégié et lettré. Après des études de droit, il est mobilisé en 1939. La défaite et l’Occupation marquent ses premières années d’adulte. Secrétaire de rédaction à l’Action française de Charles Maurras pendant la guerre, il s’éloigne ensuite de la politique active pour se consacrer exclusivement à la littérature, tout en conservant une méfiance viscérale pour les idéologies de masse.

Michel Déon au salon du livre de Paris 2012
S. Veyrié, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
La naissance des « Hussards »
Dans les années 50, Déon s’impose au sein d’un groupe informel de jeunes écrivains baptisé les « Hussards » par la critique. Aux côtés de Roger Nimier, Antoine Blondin et Jacques Laurent, il s’oppose au courant existentialiste de Jean-Paul Sartre. Là où Sartre prône l’engagement politique de l’écrivain, les Hussards prônent le style, l’insolence, le détachement et une certaine forme de dandysme aristocratique. Michel Déon devient alors le chroniqueur d’une jeunesse désenchantée mais éprise de liberté.
Le sacre littéraire : L’Irlande et la Grèce
C’est dans les années 70 que Michel Déon atteint l’apogée de son œuvre. Voyageur infatigable, il quitte Paris pour s’installer d’abord en Grèce (sur l’île de Spetses), puis définitivement en Irlande, dans le comté de Galway. Ce dépaysement nourrit ses plus grands chefs-d’œuvre :
- 1970 : Les Poneys sauvages, une fresque magistrale qui reçoit le Prix Interallié.
- 1973 : Un taxi mauve, son roman le plus célèbre, couronné par le Grand Prix du roman de l’Académie française (adapté plus tard avec succès au cinéma).
En 1978, il est élu à l’Académie française, rejoignant ainsi le panthéon des lettres nationales au fauteuil de Jean Rostand.
L’exil volontaire et le dernier voyage
Michel Déon a vécu près de trente ans en Irlande, menant une vie de « gentleman farmer » entouré de ses livres et de la brume atlantique. Il s’éteint à Galway le 28 décembre 2016, à l’âge vénérable de 97 ans. Sa disparition suscite une immense émotion : on salue le départ de l’un des derniers géants de la prose française, un homme qui a su allier la clarté du style classique à une modernité mélancolique.