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Tombe : Antoinette FOUQUE

Qui est Antoinette FOUQUE ?

Date de naissance : 1 octobre 1936 (Marseille, France).
Date du décès : 20 février 2014 (Paris, France) à 77 ans.
Activité principale : militante féministe, éditrice, psychanalyste.

Portrait of MEP Antoinette FOUQUE
© European Union, 1998 – 2026, Attribution, via Wikimedia Commons

Où est la tombe de Antoinette FOUQUE ?

La tombe de Antoinette FOUQUE est située dans la division 25.

La tombe de Antoinette FOUQUE au Cimetière du Montparnasse

Elle repose aujourd’hui dans la 25ème division, dans la partie la plus paisible et aérée du cimetière, non loin de la rue Froidevaux.

Sa tombe est un monument de modernité. Une stèle de verre sombre et translucide s’élève vers le ciel, jouant avec les lumières changeantes de Paris. Le design est épuré, presque immatériel, à l’image de sa pensée psychanalytique.

Biographie d’Antoinette FOUQUE

Antoinette Fouque n’était pas une féministe comme les autres. Psychanalyste, éditrice et théoricienne, elle a consacré sa vie à prouver que la libération des femmes ne devait pas passer par l’imitation des hommes, mais par la célébration d’une identité propre, ancrée dans la capacité de donner la vie.

Une jeunesse marseillaise (1936-1968)

Tout commence à Marseille, le 1er octobre 1936. Fille d’un syndicaliste communiste d’origine corse, elle grandit dans un milieu où la politique est une affaire quotidienne. Brillante élève, elle part pour Paris où elle devient enseignante. C’est à la fin des années 60 qu’elle rencontre Jacques Lacan et Roland Barthes. La psychanalyse devient alors sa grille de lecture du monde : elle ne veut pas seulement changer les lois, elle veut explorer les profondeurs du psychisme féminin.

L’éclosion du MLF (1968-1979)

En mai 68, le pavé parisien tremble, mais Antoinette Fouque constate avec amertume que la parole reste masculine. Elle cofonde alors le Mouvement de libération des femmes (MLF).

Au sein du mouvement, elle crée le courant « Psychanalyse et Politique » (souvent appelé Psych et Po). Sa thèse est radicale : elle s’oppose à l’égalitarisme de Simone de Beauvoir. Pour Fouque, dire qu’on ne naît pas femme mais qu’on le devient est une erreur. Elle affirme au contraire que la différence sexuelle est une richesse créatrice. Cette position lui vaudra des amitiés solides mais aussi des rivalités féroces qui marqueront l’histoire du féminisme français.

L’Empire des Femmes (1973-1994)

Antoinette Fouque est une bâtisseuse. En 1973, elle fonde les Éditions des femmes, la première maison d’édition d’Europe gérée par des femmes pour les femmes. Elle ouvre des librairies à Paris, Lyon et Marseille, créant des refuges intellectuels où la pensée féminine peut circuler librement.

En 1979, elle dépose officiellement le sigle « MLF » au nom de son association. Ce geste, perçu par beaucoup comme une tentative de mainmise sur un mouvement collectif, déclenche une « guerre des féministes » qui durera des décennies. Elle ne reculera jamais, convaincue que le mouvement a besoin d’une structure pour durer.

L’engagement politique et le legs (1994-2014)

Dans les années 90, elle porte son combat au niveau institutionnel. Élue députée européenne en 1994, elle devient une figure de la parité en France. Jusqu’à son dernier souffle, elle dirige ses maisons d’édition et son Institut de recherches, entourée de militantes fidèles qui la voient comme une figure tutélaire.

Elle s’éteint à Paris le 20 février 2014, à l’âge de 77 ans. Ses obsèques à l’église Saint-Germain-des-Prés ont rassemblé des centaines de personnes, de Catherine Deneuve à de nombreuses personnalités politiques, venues saluer celle qui avait fait de la « différence des sexes » un espoir de civilisation.