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Tombe : Mavis GALLANT

Qui est Mavis GALLANT ?

Date de naissance : 11 août 1922 (Montréal, Canada).
Date du décès : 18 février 2014 (Paris, France) à 91 ans.
Activité principale : écrivaine.

Où est la tombe de Mavis GALLANT ?

La tombe de Mavis GALLANT est située dans la division 20.

Mavis Gallant se trouve précisément dans la 20ème division, en bordure d’allée (1ère ligne Sud, 2ème tombe Ouest).

La tombe de Mavis GALLANT au Cimetière du Montparnasse

C’est la tombe d’une grande écrivaine canadienne, recherchée surtout par les lecteurs et les amateurs de littérature nord-américaine à Paris.

Mavis Gallant repose au Cimetière du Montparnasse, dans la 20ème division. Sa tombe est le reflet d’une ultime pirouette du destin, presque sortie d’un de ses récits :

  • Elle n’occupe pas sa propre tombe, mais repose dans le caveau de la famille Peron, offert par une amie proche, Josie Peron.
  • La sépulture est discrète, loin des monuments grandiloquents des personnalités médiatiques. On y lit simplement son nom, ajouté à la pierre familiale.

Biographie de Mavis GALLANT

Si Paris est une fête pour certains, pour Mavis Gallant, elle fut un laboratoire du silence et de l’observation. Maître absolue de la nouvelle, cette Canadienne a passé plus de soixante ans à disséquer l’âme humaine depuis son appartement de la Rive Gauche, devenant la plus Parisienne des écrivaines anglo-saxonnes.

L’enfance en archipel

Tout commence à Montréal, le 11 août 1922. Née Mavis Leslie de Trafford Young, elle connaît une enfance marquée par l’instabilité et les ruptures. Son père, un peintre anglais, meurt alors qu’elle n’a que dix ans. Sa mère se remarie rapidement, et Mavis est ballottée entre dix-sept écoles différentes, du Canada aux États-Unis, souvent dans des couvents. De cette enfance morcelée, elle tirera son arme la plus précieuse : un regard d’étrangère, capable d’observer les codes sociaux sans jamais y être totalement assujettie.

Le grand saut : Paris, 1950

Après un début de carrière brillant comme journaliste au Montreal Standard — où elle est l’une des rares femmes à couvrir l’actualité — Mavis prend une décision radicale. À 28 ans, elle quitte son pays, son confort et un mariage éphémère avec John Gallant pour s’installer à Paris. Elle n’a qu’un seul but : vivre de sa plume, et uniquement de la fiction.

Le pari est risqué. Ses premières années parisiennes sont rudes, marquées par une précarité financière qu’elle affronte avec une dignité farouche. Elle envoie ses textes au prestigieux magazine The New Yorker. Contre toute attente, elle reçoit une réponse positive. C’est le début d’une collaboration légendaire qui durera plus d’un demi-siècle.

L’orfèvre de la nouvelle

Mavis Gallant n’a jamais cherché le succès facile des romans fleuves. Elle a choisi la nouvelle, un genre qu’elle a porté à un niveau de perfection rare. Avec une ironie décapante et une précision chirurgicale, elle écrit sur les « déplacés » : les réfugiés de guerre, les exilés émotionnels, les petites bourgeoisies en décomposition.

Elle devient le témoin privilégié de la France de l’après-guerre et de Mai 68 (qu’elle chronique avec brio). Bien que vivant à Paris, elle continue d’écrire en anglais, restant cette « observatrice du dehors », respectée par ses pairs comme Margaret Atwood ou Alice Munro, mais longtemps méconnue du grand public français car traduite tardivement.

« Across the Bridge » by Mavis Gallant (Book cover). Publisher: S. Fischer Verlag
Eofir2013, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Une vie de Rive Gauche

Pendant des décennies, on pouvait croiser sa silhouette élégante dans le 6e ou le 7e arrondissement, entre la rue de l’Université et le café Le Dôme à Montparnasse. Elle menait une vie d’intellectuelle indépendante, refusant les honneurs académiques pour préserver sa liberté de ton. En 1981, elle reçoit le prix du Gouverneur Général du Canada, puis devient Compagnon de l’Ordre du Canada, mais elle ne quittera jamais son refuge parisien.

Le dernier chapitre : Une fin sans fard

Les dernières années de sa vie sont assombries par des soucis financiers et une santé déclinante. Fidèle à ses personnages, elle affronte la vieillesse avec une lucidité qui frise parfois la dureté. Mavis Gallant s’éteint le 18 février 2014, dans son appartement de la rue de l’Université, à l’âge de 91 ans.

Ses obsèques, sobres et émouvantes, ont réuni une cinquantaine d’amis et d’admirateurs qui ont déposé des roses blanches sur son cercueil, saluant la fin d’une époque littéraire.